Raul Midon, tout d’un grand

Ce mec a tout d’un grand, découvert par hasard sur blogmusik, j’écoute que ça depuis deux semaines, en boucles, et à chaque fois je découvre, j’apprécie, je déguste, si vous êtes en panne de découvertes, ou un besoin d’authenticité, n’allez pas chercher loin, à l’image de Micheal Bublé, de Jehro ou de John Mayer, Raul Midon est mon coup de coeur actuel et pour longtemps.
Used to sit and worry about the futureWorrying about the future don’t change the pastUsed to think that tomorrow would be betterBut now I know that I’m doing the best I canI’m just a man trying to find the reasons why I standTook some time to realize that I am what I amAnd I wanna be rich, I wanna be happyAnd live inside a love that shines bright enough to last a lifetimeI wanna be rich more than a fantasyRide the winds and climb, cause it’s all a state of mindWake up in the morning and I turn the pagesDon’t understand what’s going downEverybody’s acting so outrageousIt’s gonna take a lot of love to turn things aroundI’m just a man trying to find the reasons why I standTook some time to realize that I am what I amAnd I wanna be rich, I wanna be happyAnd live inside a love that shines bright enough to last a lifetimeI wanna be rich, more than a fantasyRide the winds and climb cause it’s all a state of mindHear people talk about going to heavenGrab a little bit of heaven right here on earthTroubled times lead to healing timesI was sad now I’m feeling fineIt’s the taking and the giving that makes this life worth living,Makes this life worth livingI wanna be rich, I wanna be happyAnd live inside a love that shines bright enough to last a lifetimeI wanna be rich, more than a fantasyRide the winds and fly,Spread your wings and flyCause its all a state of mindRide the winds and climb,Spread your wings and flyCause its all a state of mind
L’Express du 30/03/2006
Tout comme Eurydice, il pourrait conduire Orphée aux Enfers. Seul sur scène, lunettes noires et guitare acoustique, Raul Midón ensorcelle son auditoire. Une voix profonde, puissante, habitée par la soul de Stevie Wonder et les arabesques du flamenco. Lors de son récent concert à New York, au Lincoln Center, le public, envoûté par ce songwriter aveugle, s’est laissé aller à de telles explosions d’exubérance - cris, lancers de culottes et de fleurs - que le musicien a dû s’arrêter de jouer à plusieurs reprises.
De jouer ou de chanter? Difficile à dire. Car en concert comme sur son nouvel album, State of Mind, Raul Midón se sert de ses cordes vocales comme d’un instrument. On n’a jamais entendu une voix reproduire aussi fidèlement les timbres et les mélodies d’une trompette ou d’un saxophone. Et pendant que Midón «joue» avec sa bouche et qu’il entonne ses mélodies soul-blues-pop, sortent des cordes de sa Gibson des accords et des riffs à réveiller Robert Johnson et Jimi Hendrix. Ce talent découle de son histoire.
Cet artiste, aujourd’hui tête d’affiche du Bose Blue Note Festival, a passé des années à l’ombre des étoiles. A 18 ans, il accompagne à la guitare Julio Iglesias et se produit comme choriste dans les shows de Ricky Martin ou de Shakira. Jusqu’au jour où, en 2004, Spike Lee entre au Joe’s Pub de New York, où Raul Midón se produit dans l’un de ses premiers concerts solo. Le réalisateur, conquis, l’invite sur la scène du Carnegie Hall, à l’occasion d’un festival de musique et de cinéma. Raul Midón n’a droit qu’à un morceau. Une seule chance. Il triomphe. Un mois plus tard, il compose et interprète une chanson dans le film de Spike Lee, She Hate Me. Le bouche-à-oreille commence alors à frémir et les propositions affluent.
Le légendaire label Blue Note lui propose d’enregistrer un disque. Arif Mardin, l’homme qui a lancé Aretha Franklin et Norah Jones, devient son producteur. Stevie Wonder insiste pour l’accompagner sur State of Mind. «Quel enfer pour en arriver là! confie Midón en poussant un soupir. Depuis l’âge de 4 ans, j’ai consacré ma vie à la musique. Mais il m’a fallu vingt ans pour trouver le courage de montrer mes compositions et cesser de me cacher derrière celles des autres.»
Fils d’un danseur de flamenco, Raul passe ses journées dans la «pièce à musique» de son père, qui compte plus de 2 000 disques - du tango à la soul, de Don Hathaway à Stockhausen. «La notion de style m’était totalement étrangère. Seul le son m’intéressait.» Le soir, dans les coulisses, les guitaristes de flamenco qui accompagnent son père lui donnent des cours. Le petit Raul finit par acquérir une technique époustouflante. Mais il souhaite aller encore plus loin: posséder le jeu et l’harmonie de la musique classique et du jazz.
Cette soif de connaissance s’accompagne d’une autre ambition: «Je ne voulais pas entrer dans une école pour aveugles, donc je me suis inscrit à l’université musicale de Miami - réservée aux “gens normaux”.» Pour gagner sa vie, il chante des boléros aux fêtes de mariages, compose les jingles de pubs télé, suit Iglesias en tournée et enregistre un disque en espagnol - qu’il qualifiera, rétrospectivement, de «très naïf». Puis il décide de tourner la page. En 2002, il part, seul, pour New York. Ses amis le prennent pour un fou. «Je ne connaissais personne, mais je n’avais plus peur de rien. J’écumais les bars. J’interprétais enfin mes chansons en anglais. Mon état d’esprit avait changé, le reste est venu tout seul.» Un album comme une leçon de vie.
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